En 1876, faisant suite aux travaux de Bourseul, Reiss et autres, Graham Bell invente le téléphone.

 

Le principe

Dans les premiers postes téléphoniques, la voix fait vibrer une plaquette en bois solidaire de crayons en graphite. Les vibrations de ces derniers établissent un contact électrique imparfait et, donc une résistance variable. Des batteries envoient dans la ligne un courant électrique rendu variable (on dit "modulé") en traversant cette résistance. Le signal acoustique est ainsi transformé en un signal électrique analogique (car leurs variations sont analogues).


Dans le récepteur, le courant électrique venant de la ligne téléphonique est envoyé dans un électroaimant qui agit sur une plaque souple dont les vibrations reconstituent la voix.
Marty 1910 - premier poste fabriqué en grande série en France.



Le téléphone urbain

Les téléphones sont reliés par une paire de fils de cuivre à un point central pas trop éloigné (après 15 km, les signaux deviennent trop faibles), appelé "central téléphonique". Dans ces centraux, l'établissement des communications se fait manuellement par des opératrices appelées "les demoiselles du téléphone".
1889 : Almon B. Strowger, entrepreneur de pompes funèbres à Kansas City, invente un autocommutateur électromécanique parce que l'opératrice du téléphone, épouse de son concurrent, dirigeait les clients éventuels vers le bureau de son mari. Sept années plus tard, les premiers cadrans sont intégrés aux postes téléphoniques.
Bien sûr, la commutation automatique à cette époque est réservée aux communications locales. C'est le téléphone urbain.



Vers un réseau national

L'invention de la lampe triode, en 1906 par l'Américain Lee de Forest, rend enfin possible l'amplification du signal téléphonique qui devient trop faible au bout d'une quinzaine de kilomètres. On peut envisager de raccorder progressivement les centraux entre eux afin de constituer un véritable réseau national. Le premier câble souterrain français à grande distance Paris-Strasbourg est mis en service en 1924, suivi par celui de Paris-Lyon en 1925.

Dans le monde entier, les lignes aériennes reliant centraux et abonnés ont transformé nombre de paysages, en ville comme à la campagne.

Entre les deux guerres mondiales, les commutateurs électromécaniques firent de nombreux progrès : Rotary, R6, Crossbar... sont des noms familiers aux exploitants du téléphone dans le monde entier. Mais si les technologies et donc la qualité du service rendu s'améliorent, les services offerts, eux, n'évoluent guère.

Quant au réseau national, il est entièrement automatisé depuis 1979.



La numérisation

C'est en Bretagne, à Perros-Guirec en 1970, que revient le privilège d'avoir été équipé du premier central électronique à commutation temporelle au monde, après l'étude du prototype Platon dans les laboratoires du Centre National d'Etudes des Télécommunications (CNET) de Lannion.

Conjointement, les liaisons entre centraux électroniques furent numérisées en adoptant le dispositif de modulation par impulsions codées (MIC) : le signal vocal est représenté par des échantillons mesurés 8 000 fois par seconde; chaque échantillon est codé avec 8 éléments binaires (les bits). Ce dispositif, fabriqué en grande série dans des puces électroniques, permet aujourd'hui l'accès direct des abonnés à des liaisons numériques à 64 kbit/s.

La numérisation du réseau français est totale depuis 1994. Ces techniques ont largement favorisé l'émergence des nouveaux services offerts par les réseaux contemporains.


Le raccordement des abonnés français au réseau international

Jusqu'en 1950, l'établissement des communications téléphoniques internationales est réalisé manuellement par l'intermédiaire d'une opératrice. Il faut attendre 1971 pour que soit ouverte au public la première liaison téléphonique complètement automatique entre la France et les Etats-Unis.

Dans l'organisation actuelle du réseau français, les communications téléphoniques avec le monde entier sont établies par sept centres spécialisés qui ont accès à tous les circuits internationaux (câbles coaxiaux, faisceaux hertziens, câbles à fibres optiques, satellites ). Aujourd'hui, le trafic téléphonique international se partage entre les câbles sous-marins pour 70% et les satellites pour 30% environ.



Le développement du réseau international

L'existence d'un réseau téléphonique automatique mondial fut prophétisée avant la première guerre mondiale, mais n'a été achevée qu'à la fin des années 1980.

Moins de quelques secondes, c'est le temps qu'il faut généralement à un appel pour parvenir à son destinataire lointain. Qui s'en étonne ? Un abonné au téléphone en France peut obtenir, automatiquement, un des 32 millions d'abonnés en France, ou des 650 millions d'abonnés dans le monde.



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